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Dans le village si tranquille de Ghachimat, en Algérie, l'horreur arrive à pas de loup, avec le retour d'un jeune homme fanatisé, qui va contaminer plus sûrement que le pire des virus la jeunesse souvent désœuvrée de cette localité du fin fond du pays. Et provoquer le chaos, l'horreur quasi-indicible des pires atrocités.

Yasmina Khadra, sept ans avant le roman coup de poing L'attentat, avait déjà lancé un cri (dans le désert?) pour dénoncer l'islamisme, le terrorisme, dans son pays. C'est l'Algérie des années sanglantes, la fin du XXème siècle. Quand le FIS gagnait les élections.

Il y a quelque chose d'étonnant, de glaçant, dans le contraste entre la beauté de la langue de Khadra et l'horreur qu'il décrit. (Une langue que j'ai cependant trouvée parfois trop léchée dans les dialogues.) Une langue fine, parfois poétique, délicate. Qui pourtant va décrire en quelques phrases l'ignominie de bébés éventrés, de femmes torturées.

Ce qui frappe dans ce roman, c'est que finalement, la religion n'est vraiment qu'un prétexte, car ce qui anime tous ces gens, ce sont les plus bas, les plus vils sentiments humains: jalousie, vanité, luxure et on en passe. C'est presque cela qui est le plus terrible. Le plus déprimant. Ces hommes, ces femmes sont (malheureusement) des gens ordinaires transformés en monstres sanguinaires. Et la propagation du "virus" se fait sous les yeux des habitants qui restent bras ballants.

Un roman aussi court qu'il est intense et terrible.

Les agneaux du seigneur - Yasmina Khadra
Tag(s) : #Ma bibliothèque
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