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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Lendemains de libération - Daniel Crozes

Publié par Caroline sur 14 Janvier 2018, 06:36am

Catégories : #Ma bibliothèque, #chroniques radio

Philippe, qui depuis 1940 déteste son prénom, est enfin de retour en France. Bientôt dans son village de Beausoleil, dans l’Aveyron. Nous sommes en 1945, et après des années de travaux forcés dans les contingents du STO, Service du Travail Obligatoire, le retour au bercail est source d’inquiétudes. Sa fiancée ne lui a plu écrit depuis longtemps. C’est donc avec appréhension qu’il effectue le long trajet en train.

De plus, il semble que les victimes du STO comme lui ne soient pas considérées, justement, comme des victimes de la guerre au même titre que les déportés des camps ou les soldats et les résistants.

Et de fait, Philippe doit faire face à de nombreux chocs lorsqu’il arrive dans son village. Son frère, résistant opportuniste et fort en gueule est désormais le galant et futur époux de Justine. Premier choc, terrible.

Second choc, les déportés du STO sont considérés au mieux comme des faibles, au pire comme des collabos.

Au-delà de sa convalescence, longue, difficile, Philippe doit retrouver une place et un avenir au sein de sa famille comme de la société. La quincaillerie familiale est phagocytée par son frère, et les futurs mariés ont prévu de s’installer dans la demeure des parents, le temps d’avoir leur propre domicile. Une situation intenable pour Philippe.

Il trouvera des alliés fidèles dans ses anciens camarades de labeur, mais aussi son oncle et sa tante, paysans, dont le fils est mort au début de la guerre. Dans la ferme qui est aussi une auberge le dimanche, auprès de gens qui furent d’authentiques résistants (il le découvrira par la suite), il reprend des forces, goût à la vie, et décide de passer le concours de la SNCF, aidé par un instituteur.

A travers le destin de Philippe, imaginé par l’historien Daniel Crozes à partir de plusieurs cas d’anciens du STO, nous découvrons les dessous de la libération, après la liesse de la victoire. Les vrais résistants. Ceux de la vingt-cinquième heure, avides de pouvoir, d’argent et souvent des deux. Les lâches, les collabos. Les anciens combattants, ceux de 14, ceux de 40.

 Daniel Crozes montre à quel point la situation fut longtemps crispée, les exécutions sommaires, les femmes rasées, etc. Mais surtout, qu’il y avait beaucoup de zones d’ombres, et bien plus que cinquante nuances de gris (ah ah).

Si le personnage principal est un peu trop vertueux et bien sous tous rapports à mon goût, à la limite du donneur de leçon, la contextualisation, tous les personnages secondaires amènent une belle épaisseur et une richesse au récit qui le rendent passionnant. Je regrette un certain manque d’huile dans les rouages du style. Clairement, on sent plus l’historien que le romancier, mais c’est tellement intéressant que j’ai vite oublié ce petit bémol.

Lendemains de libération - Daniel Crozes

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A
Le thème est intéressant et pas souvent traité sous cet angle-là (ceux qui revenaient du STO). Je le note.
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A
De l'huile dans les rouages du style ? Ca grince donc à certains moments ?
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