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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Le mystère Walter Boehmer - Norman Ginzberg

Publié par Caroline sur 14 Janvier 2018, 07:02am

Catégories : #Ma bibliothèque, #coups de coeur, #chroniques radio

8 mai 75. Un matin brumeux. Un homme vêtu d’un uniforme allemand de la seconde guerre mondiale s’invite chez Spencer Schullmann. Qui est cet homme qui parle français avec un accent du Gers mâtiné d’allemand ? Son histoire semble inouïe, folle : il aurait été retenu pendant des années dans une ferme des alentours, persuadé par ses occupants que la guerre se poursuivait entre les Alliés et les Soviétiques. L’Allemagne serait au centre de ce conflit.

Spencer Schullman, fils d’un ancien soldat américain et d’une résistante, n’en croit pas ses oreilles, et s’empresse de rétablir la réalité des faits pour le soldat devenu paysan-esclave. Vient ensuite une question lancinante : Boehmer, caporal dans la section d’horrible réputation Das Reich a-t-il ou non commis les crimes dont ses hommes se sont rendus tristement célèbres ? L’homme ne dit rien ou très peu, son discours est celui d’un exécutant, d’un soldat qui s’est battu pour sa vie. Pas de remords, pas de regrets. On pense bien sûr aux travaux de la grande Hannah Arendt.

Alors Spencer, journaliste de métier, va enquêter, notamment sur un massacre à Roquefabre où la Das Reich aurait exécuté des civils en représailles d’un attentat (raté) contre un officier.

Une autre enquête : retrouver le corps du frère de Walter, apparemment tué sur une route lors de la retraite, non loin.

Beaucoup de questions, d’interrogations. Beaucoup, aussi, de certitudes, d’a priori qu’il faut surmonter ou démonter. Des souvenirs catégoriques qui s’écroulent face à la réalité. Le mystère Walter Boehmer est un roman passionnant sur une période sombre et terrible de notre histoire. Comme dans Lendemains de libération de Daniel Crozes, pas  de manichéisme, mais bien la certitude (!) que justement il n’y en a pas, que tout n’est que nuances de gris. Et revient toujours dans mon esprit cette chanson de Fredericks, Goldman et Jones : Si j’étais né en 17 à Leidenstadt. Aurais-je été, aurions-nous été, meilleure/s que ces gens ? Contre les jugements trop faciles, contre la mémoire qui ne voit que des bons et des méchants, Le mystère Walter Boehmer rappelle que la précaution doit être de mise, que les clichés et les étiquettes n’amènent pas la paix.

J’ai apprécié le style de Norman Ginzberg, avec pas mal d'humour, du suspense savamment entretenu, même si j’avoue que son Spencer m’a pas mal agacée, l’homme étant manifestement assez satisfait de sa personne. Un défaut qui s’efface assez vite au cours de l’histoire.

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