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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Tirer la langue: euphémismes et autre écriture inclusive

Publié par Caroline sur 17 Novembre 2017, 13:00pm

Catégories : #Mon oeil!

Ce matin en écoutant l'Instant M sur Inter, avec Thomas Soto, je me suis étonnée d'entendre dire à tout bout de champ,"personne en situation de handicap" et non plus "personne handicapée". Je trouve la formulation étrange. Certainement un nouvel euphémisme comme "mal voyant" ou "technicienne de surface". Surtout, pour moi (et peut-être à tort, j'en conviens) dire "en situation de" sous-entend une phase, et non pas un état permanent.

Et puis, je trouve cette façon de vouloir tordre la langue, imaginer des périphrases pour décrire ce que l'on peut dire en deux mots agaçant. Cela change-t-il la réalité de ce que vivent les gens? Une "hôtesse de caisse" aime-t-elle plus son métier, est-elle mieux considérée qu'une "caissière"? J'entends tout à fait que la langue véhicule des valeurs, des jugements parfois, pour autant faut-il systématiquement tout aseptiser?


De la même manière, et je vais certainement en froisser plus d'un et d'une, (surtout "une") l'écriture inclusive, horreur à lire, va-t-elle vraiment empêcher les viols, établir l'égalité entre les sexes, amener les salaires des femmes au niveau des hommes? Plutôt que d'apprendre aux enfants à mettre des points et des "e" et des "s" à chaque mot ou presque, ne serait-il pas bien plus intelligent (et efficace!) de travailler, dès la crèche (soyons fous!) sur les clichés sexistes, les stéréotypes genrés et tutti quanti? Mettre dans les manuels scolaires plus de scientifiques telles que Marie Curie, des auteures, des peintres (comment féminise-t-on ce nom-là?) et des musiciennes?

Vouloir imposer l'écriture inclusive me semble plus procéder d'un artifice fumeux que d'un véritable outil pour faire évoluer les mentalités. J'écoutais récemment une émission où  Bernard Pivot (dont les arguments ne me semblaient pas toujours bien pertinents d'ailleurs) s'opposait à une universitaire (est-ce vraiment un mot féminin?? ou faut-il le féminiser?) soutenant mordicus cette fameuse écriture. J'avoue que je ne me suis absolument pas retrouvée dans ce que cette femme racontait. Que la forme masculine (ou neutre) l'emporte quand on parle d'un groupe d'étudiants par exemple, ne me gêne absolument pas. Que des femmes soient systématiquement déshabillées pour vendre des produits quelconques, qu'elle soient si rares dans les conseils d'administrations, qu'elles soient toujours représentées derrière des machines à laver ou des fourneaux, qu'elles soient battues violées tuées, voilà ce qui m'indigne.

Vous pouvez lire l'article plein de mauvaises foi et bons arguments d'un Odieux connard. En plus, on rit!

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K
On est bien d'accord (je lis ce que dit Aifelle aussi) . Et si on ne s'occupe que de langue française (sans parler des salaires, viols etc), j'aimerais bien qu'on respecte plus la grammaire et l'orthographe. Sans ajouter une charge de lecture et d'apprentissage aux enfants (quoique j'espère qu'ils seront préservés de ces points et e.
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C
ah oui, ça tu as raison...grammaire, syntaxe orthographe...ça ferait du bien si les bases étaient maîtrisées et respectées!
A
Une personne en situation de handicap me paraît relever du politiquement correct qui contribue à cacher la réalité ! Pour l'écriture inclusive, je ne me vois pas du tout l'utiliser, en tout cas pas massivement et brutalement. Je pense comme toi qu'il y a des combats plus urgents.
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C
je viens d'entendre que le premier ministre avait enjoint les administrations à ne PAS l'appliquer...pour "l'intelligibilité"...on est bien d'accord!!

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