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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Au revoir là-haut - Albert Dupontel

Publié par Caroline sur 8 Novembre 2017, 11:19am

Catégories : #Petit & grand écran, #coups de coeur

Adapté du roman de Pierre Lemaitre (coup de coeur dans ces pages!), ce film d'Albert Dupontel m'a charmée du début à la fin.

L'histoire: En ce début novembre 1918, à quelques jours de l'armistice, deux jeunes soldats, Albert Maillard (Dupontel) et Édouard Péricourt (Nahuel Perez Biscayart), réchappent miraculeusement de la "soudaine attaque de la cote 113". Elle a été décidée par leur supérieur, le lieutenant Henri d'Aulnay-Pradelle (excellent Laurent Lafitte), mû par son absolue nécessité d'acquérir le statut de héros. Un sale type, ce Pradelle, tout le monde le déteste, dans le bataillon. Aristocrate désargenté qui rêve de redonner son lustre d'antan à la demeure familiale en ruines, cynique, beau, mais moins soucieux de la survie de ses hommes que de redorer son blason, avec les espèces sonnantes et trébuchantes que cela lui permettra de récupérer par la suite. Albert et Édouard en savent quelque chose. Le premier doit la vie au second, qui pourtant s'en sortira plus mal, une jambe estropiée, le bas du visage entièrement arraché par un obus, véritable gueule cassée. Le premier a été rond-de-cuir dans une banque, le second est un fils de bonne famille, richissime, dessinateur extrêmement doué mais méprisé par un père (Nils Arestrup, magistral) qui sent rapidement que son fils n'est pas "normal". De retour à Paris, Albert se démène afin d'atténuer les souffrances de son camarade en se livrant à tous les trafics pour lui procurer la morphine. Mais il réalise à quel point les "démobilisés" sont finalement vite oubliés (sauf les "héros" tels que Pradelle) par ceux de l'arrière, dans une France prompte à tourner la page, après cette "tuerie prosaïque et barbare qui a provoqué mille morts par jour pendant cinquante mois." Alors, chacun fait comme il peut pour survivre... ou s'enrichir encore plus. De là découlent des trafics inavouables et des escroqueries qui le sont encore moins.

Le film s'ouvre une magnifique scène de bataille, superbement filmée. Un moment de bravoure. La suite, c'est du très bon Dupontel, même si je ne suis pas toujours totalement convaincue par certains de ses effets de caméra, j'aime son univers entre le conte et l'ultra-réalisme. Tout le travail autour des masques créés par Péricourt pour cacher sa gueule cassée est remarquable, poétique. Les acteurs sont dirigés de main de maître.
J'avais adoré Neuf mois ferme (pas chroniqué, quel dommage), Le Vilain, et une fois encore je suis convaincue par le talent de d'Albert Dupontel, autant comme acteur que comme réalisateur, alors que je ne l'aimais pas du tout (mais alors pas du tout) dans ses stand-ups. J'aime la photo qui fait penser à du Jeunet. J'aime l'humour. J'ai adoré le fonctionnaire lancé aux basques de Pradelle et incarné brillamment par Michel Vuillermoz ou d'autres seconds rôles : Nils Arestrup, Mélanie Thierry ou Philippe Uchant.

Une très belle réussite!!

A lire aussi si ce n'est déjà fait, l'immense et édifiant roman autobiographique de Maurice Genevoix, Ceux de 14.

Au revoir là-haut - Albert Dupontel

Commenter cet article

L
J'ai adoré ce film moi aussi, mais je n'ai pas lu le livre. J'adore le travail de Dupontel.
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L
J'ai aimé le livre et j'ai toujours peur des adaptations au cinéma.<br /> Après ton billet je n'aurai plus d’appréhension à aller le voir.<br /> Le Papou
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C
Certaines adaptations laissent souvent à désirer quand on a aimé un roman. C'est toujours un parti pris...et il ne correspond pas toujours avec notre ressenti de lecteur. je trouve que Dupontel est fidèle à l'esprit du roman...tel que je l'ai compris! ;)
B
J'avais moi aussi adoré le livre et, comme toujours quand j'ai beaucoup aimé un bouquin, je suis réticente à aller voir son adaptation cinématographique... peur d'être déçue... mais tu m'encourages à tenter le coup !
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C
Pareil que toi. Après, j'avoue, depuis le temps j'avais beaucoup oublié...mais tout m'est revenu avec le film. J'ai vraiment adoré l'adaptation, il y a des raccourcis bien entendu, mais c'est normal vu le pavé, et le style de Dupontel réalisateur me plait toujours autant. je trouve que la bande annonce du film laisse imaginer quelque chose de très loufoque, alors que pas du tout. Il y a de la fantaisie, mais ce n'est pas tout, bien au contraire!
A
Un film magnifique.
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C
absolument!
A
Coucou, l'homme a aussi beaucoup aimé :) <br /> moi, toujours pas envie d'aller au ciné ! bises
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C
Rien qui te tente? j'aimerais bien pour ma part aller voir Le sens de la fête et L'école buissonnière, mais aussi Carré 35.

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