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Y'a d'la Joie!

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Aventures culturelles en tout genre depuis 2006


Le procès de Viviane Amsalem - Ronit Elkabetz

Publié par Choupynette de Restin sur 10 Juillet 2015, 09:31am

Catégories : #Petit & grand écran

Le procès de Vivane Amsalem
Le procès de Vivane Amsalem

Rarement film m'aura donné autant envie d'expédier la télévision par la fenêtre. Non parce qu'il est mauvais. Bien au contraire, parce qu'il est magistral, effrayant, effarant, révoltant.

Viviane Amsalem (Ronit Elkabetz, magnifique) vit séparée de son mari (Simon Abkarian, formidable) depuis plusieurs années. Le couple ne s'entend plus - mais a-t-il jamais été un vrai couple? Elle demande le divorce. Mais en Israël, théocratie, une femme ne peut pas divorcer comme cela. Elle doit avoir l'accord d'un tribunal composé de rabbins...mais surtout de l'accord de son mari. Sans cela, elle ne peut retrouver sa liberté.

La femme n'est rien

Pendant deux heures, le spectateur est scotché par le drame qui se joue devant ses yeux ébahis. Dans les 20m² de cette salle du tribunal rabbinique, devant trois rabbins, les deux parties s'opposent... quand le mari veut bien se présenter à la séance! Car sans lui, rien ne peut se faire. Et de mois en mois, d'année en année, il oppose son absence ou son quasi mutisme à Viviane. Son refus catégorique de la libérer des liens du mariage. Viviane qui n'a pour ainsi dire jamais la parole. De fait, elle parle de nombreuses fois, mais on ne l'entend pas. Et le juge-rabbin est bien prompt à lui rappeler sa place de femme. L'un des trois est d'ailleurs au bord de l'explosion quand elle ose...dénouer ses cheveux!

Ionesco et Kafka en Israël

La situation est parfois totalement absurde avec l'avocat et frère du mari qui démontre point par point que Viviane a été une mauvaise femme, une mauvaise épouse...et s'oppose donc à ce divorce! Mais où a-t-on jamais vu cela? C'est Kafkaïen! C'est Ionesco en Israël!! C'est ahurissant. Et que dire de la cérémonie du divorce? Où la femme doit placer ses mains en coupe, mais de façon très précise (Viviane est reprise plusieurs fois par le rabbin), où le mari doit prononcer 3 phrases, puis déposer le papier du divorce dans les mains de la femme, qui doit ensuite refermer ses mains dessus, placer le papier sous son aisselle, faire une aller-retour entre le bureau des juges-rabbins et la porte pour que le divorce soit accompli? Révoltant.

C'est un réquisitoire implacable contre ce que la société israélienne a de plus féodal, de plus absurde. Sur l'emprise de la religion sur la vie de gens. Un réquisitoire d'autant plus fort que la mise en scène, presque aride, laisse toute la place au jeu des acteurs et à la tragédie que vit cette femme enfermée dans un mariage.

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Alex-Mot-à-Mots 11/07/2015 20:08

Un film crispant, mais dans le bon sens du terme.

Choupynette de Restin 11/07/2015 20:15

Terriblement bien fait, en effet.

Aifelle 10/07/2015 21:28

"Scotchée", c'est le mot quand on sort de ce film. Il est aride et pourtant on est passionnées du début à la fin. J'avais particulièrement apprécié le personnage de Roni Elkabetz.

Choupynette de Restin 10/07/2015 23:47

c'est exactement ça! Pas moyen de partir, se lever, on est rivé sur place tant ce qui se déroule sous nos yeux est hallucinant!

Ici ou ailleurs 10/07/2015 12:01

Il faut que je le voie même si je sais que je vais être malade !!!!!!

Choupynette de Restin 10/07/2015 19:36

Telle que je te connais, tu vas bondir sur ton canap', comme moi!!

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