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WP_001883.jpgIls ont voulu tuer Charlie Hebdo. Ils  ont poussé des milliers de personnes à descendre dans la rue pour dire leur opposition à la barbarie, l’obscurantisme, la haine.

Le rire. Voilà ce qu’ils ont voulu éteindre.

Le vivre ensemble. Voilà ce qu’ils ont voulu atteindre.

Tout cela au nom soi-disant d’une religion, d’un prophète. Religion : du latin relegere. Cueillir, rassembler (ou lier, attacher ?) les hommes. Je n’aime pas les religions. Elles sont de l’ordre de la révélation, pas de la réflexion. La tentation de l’obscurantisme, de l’intolérance est donc facile…Mais là n’est pas le débat. Le débat c’est : voulons-nous vivre tous ensemble ? Acceptons-nous la parole différente, le rire, la caricature de nos symboles sacrés ou non ?

Face aux armes, Cabu, Charb, Tignous, Honoré, Wolinski et les autres avaient des crayons.

Ils ont voulu tuer Charlie. Hier soir sur la place du Capitole noire de monde à Toulouse, beaucoup d’émotion. Puis des discussions aussi, autour du péril terroriste mais surtout de nos propres peurs, peut-être plus dangereuses encore. Amalgame. Racisme et raccourcis en tout genre pourraient engendrer division et porter un coup terrible à ces valeurs humanistes qui sont au cœur d’une démocratie. Déjà, j’apprends que des lieux de culte musulmans au Mans et dans l’Aube ont été l’objet de tirs… Et de nouveau, l’envie de hurler. De pleurer sur la folie des hommes.

Qu’avons-nous, nous citoyens lambda sans talent particulier pour la défense de la démocratie, pour lutter contre ces enragés de la gâchette ?

Nous sommes des toutes petites gouttes d’eau. La majorité silencieuse, effrayée probablement.

Pourtant, cette foule est sortie. Elle a allumé des bougies, brandi des pancartes « Je suis Charlie ». Montré que non, on ne mettait pas un pays à genoux comme cela. Malgré les kalachnikovs. WP_001875.jpg

Les gouttes d’eau se sont unies, agglutinées et on formé…le début d’un lac ? d’une mer ? d’un océan ? L’avenir le dira. A nous citoyens d’être vigilants, ne pas se laisser avoir par des discours ouvertement racistes ou non. La peur rode. Si près. Ces vacillantes bougies, éclairant les murs de brique du capitole, sont pourtant le rappel qu’ensemble nous pouvons repousser l’obscurité, illuminer notre société : lui rendre espoir, garder foi en une humanité qui prône le partage, l’ouverture et la tolérance dans le respect de tous. Lutter contre l’obscurité dans laquelle on voudrait nous enfermer, tous divisés, apeurés et haineux.


Que pouvons-nous faire alors ? Acheter les journaux (Charlie est d’ailleurs en rupture de stock depuis hier après midi chez mon buraliste), s’abonner (c’est ce que je vais faire) à Charlie ou un autre journal, pour faire vivre l’information qui fait réfléchir, par le rire ou pas. C’est combattre, chacun à son niveau, l’intolérance et les préjugés.

Ne nous laissons pas engloutir par les sables mouvants de la haine, extirpons-nous de la gangue de peur qui nous empêche d’ouvrir les bras à notre voisin – qu’il soit blond ou brun.

Charlie Hebdo, son esprit irrévérencieux, est toujours vivant. Et nous sommes debout. 10922512_10152491366422003_4804092285561833034_n.jpg


Par Choupynette de Restin - Publié dans : Mon oeil!
Jeudi 8 janvier 2015 4 08 /01 /Jan /2015 10:52

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http://fr.web.img4.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/pictures/14/09/29/12/57/084916.jpg1971, Belfast. Un jeune soldat est envoyé avec sa section dans la capitale d'Irlande du Nord qui s'enfonce alors dans la violence.

Lors d'une fouille dans un quartier catholique, la situation dégénère et séparé de sa section, Gary est poursuivi par ce que nous supposons être des membres de l'IRA ou alors des Provisionals, bien décidés à l'abattre. Entre indépendentistes, loyalistes, milices, militaires et civils, Gary est pris au piège d'un quartier inconnu où sa vie dépendra plus des autres que de ses propres capacités personnelles à survivre.

Yann Demange, dont c'est là le premier métrage, livre une oeuvre violente, crue qui prend presque immédiatement le spectateur aux tripes. Il faut dire que le pauvre Gary, qui vient à peine de finir ses classes, est plongé dans un environnement et une situation totalement inconnus. Comme le spectateur. Difficile pour l'un comme pour l'autre de comprendre la complexité de l'Irlande du nord. Car  il apparaît rapidement que les deux camps sont traversés de courants plus ou moins en conflits les uns avec les autres. Demange utilise à merveille sa caméra pour nous faire sentir au plus près la tension, la peur que ressent le soldat perdu dans Divis Flats. Quartier "vert", catholique, aux mains des indépendantistes.

Il filme également une ville hantée, pauvre, aux murs criblés de balles comme rongés par la haine. Fantomatique, Belfast est une cité qui semble presque morte, terriblement silencieuse quand les cris et les coups de feu n’assourdissent pas ses habitants.

Demange propose un film prenant, qui plonge le spectateur, comme Gary, dans l’horreur incompréhensible d’une guérilla urbaine où barbouzes, indépendantistes et civils s’entrecroisent, rendant la situation extrêmement confuse. Chaque rencontre apporte une pièce de plus au puzzle, mais pas de réponse « noir/blanc ». Le réalisateur démontre sans grand discours ni démonstrations superflues que l’individu n’est qu’une pièce de viande pour ceux qui se tiennent plus loin de l’action.Que la théorie et les explications toutes faites ne tiennent pas, confrontées à la réalité.

Un excellent film coup de poing. Brillamment réalisé.

L'avis de Dasola.

 

Par Choupynette de Restin - Publié dans : Petit & grand écran
Mardi 25 novembre 2014 2 25 /11 /Nov /2014 10:29

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A l'occasion de notre emménagement, nous avons récupéré des meubles et divers objets venus de nos familles. Mais évidemment, certaines trouvailles sont en piteux état. C'était le cas de cette boîte à pain en métal.

Nettoyée et repeinte, elle a trouvé une nouvelle jeunesse.

Mais si j'a choisi ce titre de billet, ce n'est pas juste parce que turquoise et clémentine, ça en jette. Non.  C'est surtout parce que les couleurs ont vraiment explosé...quand un des pots est tombé de la table où je travaillais, bien au chaud dans les rayons du soleil sur la terrasse. Une seconde de consternation, d'effarement pour constater l'étendu des dégâts. Je ne mentirai pas: pendant 1/4 de seconde, j'ai bien pensé à prendre le carnage en photo, mais vu qu'il y en avait absolument partout, y compris sur la porte-fenêtre, entr'ouverte pour l'occasion, donc aussi sur le parquet du salon, j'ai préféré courir à la cuisine récupérer serviettes en papier, eau chaude, serpillère et balais brosse. Et donc me voilà partie pour récurer tout ça le plus rapidement possible, effacer toute trace de mes bêtises. Et accessoirement récupérer un peu de la peinture en se servant d'une assiette en carton comme pelle. Une chose est sûre: réparer ses c******ries, ça réchauffe!

Au final, la terrasse est comme neuve, le parquet et la porte-fenêtre aussi! Et la boîte à pain apporte un peu de pep's dans ma cuisine et me fait penser à mon grand-père chaque fois que je la vois.

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Par Choupynette de Restin - Publié dans : Scrap & deco
Mardi 11 novembre 2014 2 11 /11 /Nov /2014 12:11

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http://www.babelio.com/couv/C_Filles-impertinentes_7669.jpegPrix Nobel de littérature en 2007, Doris Lessing a produit une oeuvre considérable, marquée par son histoire personnelle, bourlinguée qu'elle fut dans son enfance entre la Perse, l'Angleterre et la Rodhésie du sud.

J'avais lu et eu un énorme coup de coeur pour son tout premier roman Vaincue par la brousse, remarquable à tous niveaux. J'avais beaucoup apprécié Victoria et les Staveney également. J'ai découvert tout à fait par hasard à la bibliothèque que j'ai trouvé ce court essai (récit?). Elle y évoque avec beaucoup de lucidité ses parents mais surtout sa mère, pour qui elle fut un souci permanent et apparemment une déception.

Il faut dire que les deux femmes ont des caractères bien différents, la mère ayant été façonnée dans le moule victorien le plus strict. Accrochée aux notions de classe, bourgeoise attachée à sa vie sociale et pourtant pourvue d'un grand sens pratique, Emily Maude Lessing n'a pas pu vivre la vie dont elle rêvait, à cause d'un mari obsédé pas ses "lubies".

En lisant cet ouvrage, on comprend mieux l'opposition inéluctable de ces deux femmes, l'une très 19ème siècle, l'autre, Doris, engagée, féministe sans le revendiquer, anti-apartheid, communiste. Il est terrible de lire comment Emily Maude n'a cessée d'être déçue par sa vie et les personnes qui l'entouraient. Un mari qui n'a jamais tenu compte de ses souhaits et qui a gaspillé toutes leurs ressources dans des aventures vouées à l'échec (cultivateur, chercheur d'or, sourcier) dans une région où la grande ville est à quasiment 100km... Après avoir vécu en Perse, dans les milieux diplomatiques où les soirées se succédaient, passer à la brousse africaine, aride, dure, sans pitié, on comprend que cela dût être très dur.

Lire Filles impertinentes, c'est comprendre à quel point Vaincue par la brousse est en fait une transcription, adaptée, romancée, de la vie des parents de Doris Lessing. On comprend d'autant mieux que la mère de l'auteure ait eu du mal à accepter ce roman...

On en apprend aussi un peu (car le texte est quand même très court) sur la vie de Doris Lessing elle-même, mariée deux fois au grand dam de sa mère, vivant une vie très loin des codes victoriens.

C'est beaucoup trop court, mais très intéressant. Derrière ce récit, on ressent le cheminement fait par Doris Lessing pour parvenir à comprendre sa mère, lui pardonner peut-être sa dureté et ses limites.

Par Choupynette de Restin - Publié dans : Ma bibliothèque
Lundi 10 novembre 2014 1 10 /11 /Nov /2014 09:40

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http://fr.web.img5.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/pictures/14/09/04/09/55/595346.jpgCôte d’azur, années  1920. Sophie Baker, un américaine qui se prétend medium, subjugue une famille entière, les Catledge et notamment le fils, un rien benêt, qui s’est mis en tête de l’épouser. Howard Burkan, un ami de la famille, magicien, fait appel à un collègue, Stanley Crawford, réputé le meilleur de sa profession et très habile pour démasquer les charlatans. Cynique au dernier degré, Crawford est déterminé à démonter le stratagème de Baker et de sa mère. Une séance de spiritisme, quelques « vibrations mentales » plus tard, Crawford tombe sous le charme et finit par croire que la jeune et charmante Sophie est bien ce qu’elle dit être. Enfin, il y a quelque chose de plus que ce qui se voit ! L’arrogant cynique, qui ne jure que par Nietzsche, est enfin heureux….pour longtemps ?

Woody Allen le désespéré pour qui la vie n’est qu’un désastre annoncé, une tragi-comédie, oppose ainsi son double cinématographique, magnifiquement interprété par un Colin Firth au sommet de son art, cynique et arrogant à souhait, à la jeune et fraîche Sophie qui semble le comble de l’innocence.  Un femme qui affirme qu’il vaut mieux croire, bêtement, dans un possible au-delà, entretenir un espoir, même faux, plutôt que de ne voir la vie qu’en noir. La joie des « idiots » d’un côté, et le cafard des pessimistes de l’autre.  Deux visions du monde qui s’affrontent.

Dialogues enlevés, tirades, humour mordant, tout y est. Avec en plus un brin de romance et du suspense… et comme toujours une excellente BO.

 Le tout donne un film absolument charmant dont on ressort avec le sourire. A voir !

Par Choupynette de Restin - Publié dans : Petit & grand écran
Vendredi 7 novembre 2014 5 07 /11 /Nov /2014 09:36

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